Editorial : Oubi Tay Jang Tay, un slogan ou une réalité dans le département de Koungheul ?

Dans sa vision de promouvoir « un système d’éducation et de formation équitable, efficace et efficient conforme au développement économique et social », le gouvernement du Sénégal via le ministère de l’éducation nationale a mis en œuvre le concept «  Oubi Tay Jang Tay » pour atteindre le quantum horaire de 900 heures par année à l’Ecole élémentaire. Dans le département de Koungheul, Oubi Tay Jang Tay est-il un simple slogan ou une réalité ?

« Si aujourd’hui, la région de Kaffrine a fait des avancées au niveau national, c’est grâce à la croissance du taux de réussite enregistrée au CFEE par le département de Koungheul : 32% en 2015, il est passé de 63% en 2016 à 64% en 2017 »

Dans la présentation des indicateurs au niveau académique, il est noté que la région de Kaffrine compte 3 Ecoles franco-arabes, 61 abris provisoires, 129 structures sans blocs d’hygiène, 176 Ecoles sans points d’eau, 11 Ecoles sans murs de clôture et 477 Ecoles sans cantines scolaires. Ces chiffres révèlent des errements qu’il faut corriger si nous voulons avoir une éducation de qualité.

Dans le département de Koungheul, le concept Oubi Tay Jang Tay est un simple slogan parce que dans certaines communes, même si les élèves sont venus en masse, il n’ya pas d’enseignants suffisants pour commencer les cours aujourd’hui. Le département souffre d’un manque criard d’instituteurs, les départs sont plus nombreux que les arrivés. Par exemple, dans la commune d’arrondissement de Lour Escale,  12 enseignants sont affectés et un seul est arrivé.

En plus de cela, pour qu’il y ait « Oubi Tay Jang Tay », il faut que toutes les conditions soient réunies. Or, il se trouve dans certains établissements élémentaires du département, l’eau et l’électricité font défaut. Les écoles 4 et 6 de la commune de Koungheul, la case des tout- petits  en sont une parfaite illustration parce qu’elles n’ont ni eau ni courant bien avant les grandes vacances. Quant à l’école 1 qui fait d’excellents résultats, elle est devenue un dépotoir d’ordures et un lieu de rendez-vous des délinquants. Comment peut-on commencer les cours dans de pareilles situations ? Donc, s’il vous plait, un peu de respect, ne parlons pas d’Oubi Tay Jang Tay, cela risque d’être une simple chanson de Roland.

Le département de Koungheul se trouve dans une « zone agro-pastorale » pour reprendre l’expression des stratagèmes politique. En effet, les activités principales sont l’agriculture et l’élevage. Les parents d’élèves sont des paysans et des démunis. Ils n’ont pas encore vendu le mais, l’arachide ou le mil. Ils ont des difficultés. Après les fêtes de Tabaski et de Tamkharite, plus rien ne reste dans les poches et les coffres forts. Alors, sans le soutien l’apport des collectivités locales, les élèves ne peuvent pas commencer les cours ce 9 Octobre. 

Cependant, force est de constater que les apprentissages sont effectifs dans beaucoup d’établissements publics en ce jour d’ouverture des classes. A koungheul ville comme dans les autres communes d’arrondissement les enseignants ont répondu présent, les parents sont venus accompagner  les enfants, les salles de classe disponibles. Si aujourd’hui, la région de Kaffrine a fait des avancées au niveau national, c’est grâce à la croissance du taux de réussite enregistrée au CFEE par le département de Koungheul : 32% en 2015, il est passé de 63% en 2016 à 64% en 2017.

Malgré les revendications, les lamentations de toute part, les enseignants du département ont respecté la consigne du ministre de l’Education Nationale Serigne Mbaye THIAM « Oubi Tay Jang Tay ».

A thiong Wolof à 3 km de Yamong, les élèves sont allés tous à l’école aujourd’hui. Oubi Tay Jang Tay  est une réalité au village de Pape SARR. Emigré en Espagne en 2010, il est revenu construire à Thiong une école élémentaire, un bloc administratif et un logement-enseignants.  Un geste à saluer et surtout à imiter.

Oubi Tay Jang Tay est possible dans le département de Koungheul nonobstant les problèmes rencontrés par ci par là en termes d’infrastructures et de personnel qualifié. En effet, les collectivités locales ont soutenu les écoles en fournitures scolaires pour accompagner la rentrée des classes 2017-2018.

La Rédaction de Xibaarubambuk.com

 

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