N° 003 de KËR DEMBA : cris de cœur d’un enseignant de Ker Samba face à l’abandon d’un élève : « Ô! J’avais un élève, Très tôt il se levait, Il était beau et bien élevé. Et il s’appelait Ousmane »

La rubrique  KËR Demba, est une fenêtre où Demba NDIMBELANE analyse  la situation sociale, économique, éducative et politique   en phase avec sa fidèle vision basée sur l’objectivité et la réalité. Pour ce numéro de KËR Demba, il est question de parler d’éducation des enfants. Maintenir un enfant à l’école, c’est préparer le développement de la nation. Le sage Demba NDIMBELANE le comprend parfaitement face à son meilleur élève Ousmane qui a abandonné les bancs sur décision de son père.

Lisez-le pour comprendre sa colère :   Récit d’une vie à la vue brouillée!

Pour être ennemi de quelqu’un

Il faut lui vouloir du mal

Ou un lendemain sans soleil!

Je ne veux pas faire du tort

Ni être habité par les remords!

À tous je souhaite

Une vie sans heurts

Une vie loin de toute malheur!

Je ne crois pas avoir des ennemis

La haine je ne la cultive point!

Mais d’une âme sombre qui veut

éteindre la lumière de dame

école

Et cueillir les fruits pas mûrs de son jardin

Je me méfie et la défié!

À un humain sans humanité qui sème la graine de l’ignorance sur le champ

De l’accoucheuse des esprits

Je ne saurais lui souhaiter grâce et gloire!

Parce que j’avais un élève!

Pour le labeur

Très tôt il se levait de bonne heure

Il faisait mon bonheur!

Il était beau et bien élevé

Ousmane est son nom!

Un vrai gentleman

Ô combien il était gentil!

À son premier jour d’école

Il maîtrisait déjà L’outil scripteur!

Il s’exprimait sans peur

Il écrivait avec passion!

Il avait mon attention!

Un jour, deux jours!

Quelques jours seulement

de classes,

Son séjour fût écourtée

La trajectoire de son avenir détournée!

Mes espoirs anéantis!

Je me souviens de cette matinée là dans la salle ….

À peine dis-je « OUSMANE »

« ABSENT » retorquèrent

LES ENFANTS en chœurs

Quelques temps après

Je l’ai rencontré.

Il était était monté sur un cheval

En direction des champs

« Ousmane! » Lui dis-je

« Que se passe-t-il »

« Waa lu xew

Ba gisatuñ lë » renchéris-je

IL répondis

« Saa baay’a nee naa baayi jangg »

Ainsi le sort d’un enfant fut scellé!

Sans me décourager

Je partis voir son papa

Après les salaamaaleks d’usage

Je lui dis: « Ton fils est un bon élève

Pourquoi tu l’as contraint à quitter le cadre scolaire ?

Il n’a que 8 ans

Et l’école est un endroit où il peut s’épanouir!

Il me répondit ‘Benn mbokam bu nekk Dakaar Moone na dem mu joxko boutique’

Ma réponse ne se fit pas attendre.

« Fais le revenir pour qu’il puisse apprendre à lire ,à écrire, à vivre…!

Je veux l’accompagner !

À la source

Il boira et étanchera sa soif de savoir!

Fais le revenir!

Il va réussir et c’est sûr!

Mais Ousmane

N’est jamais revenu

Et finalement je compris que

quand tout le monde est papa

Certains seulement sont parents

Le devenir de nos enfants est sacré!

Protégeons les!

Ne brisons pas au nom de l’avoir

Leurs élans pour être!

Ndimbelane, KËR SAMBA

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