Contribution d’un Koungheulois : « C’est La grande pauvreté de la riche carte politique en train de se dessiner pour l’horizon 2019. » dixit Ahmadou Siga FAYE

L’horizon 2019 se dessine déjà tel un tournant décisif dans la vie politique du Sénégal en général et du département de Koungheul par voie de conséquence. La richesse des propositions pour les élections locales de 2019 n’est peut-être plus à prouver.  L’échiquier politique en sera-t-il remodelé ? Sans doute. Mais les questions qui méritent d’être posées sont alors : quels changements adviendront dans les conditions le plus souvent invivables de nos populations ? Quel espoir porte-on sur ces jeunes qui s’engagent politiquement? Inspirent-ils confiance ? Et, plus important encore, saura-t-on promouvoir enfin l’émergence tant attendue du département ?

Les cartes politiques pré-distribuées augurent une année phare, surtout dans la reproduction de figures politiques pléthoriques et ambigües, non sans amener à se demander si cela implique pour autant une alternative politique capable de poser enfin Koungheul sur les rails du déclenchement de son émergence.

A y voir même de loin, on ne sent pas une rupture véritable d’avec les pratiques actuelles. Or, ce qui ne permet pas d’avancer, ne saurait servir qu’à reculer quelque soit les pas nouveaux dans lesquels on l’envelopperait. Sous l’aune de ce principe, il convient de remarquer, en premier lieu, la multitude des mouvements et des candidats prompts à pourvoir aux instances locales l’année prochaine. En second lieu, l’importance d’une forte sensibilisation des masses dans la lutte contre le despotisme et le clientélisme politique.

D’abord, la division de la jeunesse (tout comme celle de la classe politique et celle interne aux formations politiques) n’est pas gage d’émergence. Si l’objectif est le même et l’intention pure tous devraient se mettre dans les mêmes rangs pour assurer une victoire de la jeunesse et de cette prise de conscience citoyenne soudaine et forte.

A rythmes différents non accordés, le bruit explose le tympan. Chers frères et sœurs, chers jeunes l’ambition de sortir Koungheul de sa zone d’ombre n’implique pas pour autant créer à tout bout de champ des Mouvements et concurrençant de manière tout à fait machiavélique et sans limite. Rien ne nous empêche de taire quelques ambitions viscérales  et dérisoires pour le bien de tout le département. Un cadre unique de toute la jeunesse reste possible et s’avère être la clé d’une rupture majeure qui implique une forte sensibilisation citoyenne. On peut créer un cadre unifié et initier des assises de tous les secteurs d’activités et de tous les secteurs d’intervention, moteurs d’un essor à courtiser afin de proposer pour chaque secteur et par des ressources spécialistes les remaniements qui s’imposent à son bon fonctionnement et à son devoir de rentabilité économique et sociale.

Aucune politique de développement  ne saurait être efficiente et efficace sans la naturalisation d’un sentiment collectif plus grand que les sentiments particuliers. C’est affirmer la primauté d’une éducation citoyenne et de la consécration d’un code disciplinaire mesuré et contrôlable.

Ensuite, les pratiques électorales constatées et connues sont le seul mal de nos politiques de développement. Otant au scrutin sa robe méritocratique, elles mettent dans nos instances locales et de représentation des personnes des moins bien intentionnés soit  volontairement dans l’objectif qu’elles se visent soit involontairement dans les démarches qu’elles initient ou n’initient pas d’ailleurs. C’est ce qui a conduit à l’indignation par une députation qui a affirmé ne pas avoir de doléances. Saura-t-on capter mes doigts ?

De surcroit les échecs considérables des programmes de développement local qui ont sanctionné et sanctionnent encore les perspectives de décentralisation entreprises par l’Etat se trouvent justifiés par le fait qu’au lieu d’accorder aux citoyens une part entière  dans la mise en œuvre des politiques publiques, les contraignent par l’absence d’un cadre juridique effectif et pas que théorique à participer à la vie publique que lors des échéances électorales. Encore qu’au lieu de saisir l’occasion pour se construire un lendemain meilleur, ils vendent leur carte électorale à des prix qui effrayent souvent la dignité.

La manipulation des masses, surtout de nos parents du monde rural est à combattre d’abord si l’on veut inscrire Koungheul à la liste des villes développées sous le prisme premier de la participation citoyenne qui se manifestera autant dans les processus de prise de décision que dans l’exécution des politiques publiques.

En ce moment, on constate les  parrainages pléthoriques et quelque fois insignifiants de certains évènements. Ils s’inscrivent dans cette dynamique d’affirmation de personnalité et de construction d’une machine de manipulations de masses lors des échéances à venir.

Si ceux qu’on veut remplacer se préparent déjà, qu’attendraient ceux qui veulent les remplacer à bon escient ?

La revalorisation des ressources humaines locales ne sera pas rentable si elle ne s’inscrit pas dans la méritocratie et la bonne gouvernance. Autant, celle de nos potentiels naturels ne saurait servir à une cause générale tant qu’elle ne consacre pas, en aval,  un sentiment mutuel et général de participer chacun, individuellement et au prix d’abnégations fortes à la construction collective du département.

C’est seulement ensemble que la jeunesse pourra se montrer digne de porter le flambeau d’une alternance citoyenne.  Hélas, c’est  la grande pauvreté de la riche carte politique qui est  en train de se dessiner pour l’horizon 2019.

Ahmadou Siga FAYE

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