Xibaarubambuk.com/ Le regard du coordonnateur des Jeunes de PASTEF de Paris sur le dénouement de la crise universitaire : « Même si on augmentait la bourse à 100.000f, si le système n’est pas bien huilé pour que les étudiants la perçoivent à temps, ils vont encore décréter des JST ou barrer la route nationale et les forces de l’ordre vont encore sévir » dixit Daouda MBAYE.

« Suite à la bêtise des « dés légués » de l’UCAD », selon les mots de Daouda MBAYE, le Président de la République SE Macky a pris une série de mesures avant de rencontrer les étudiants au Palais  en rangs dispersés.

Face à cette situation, le coordonnateur des jeunes du PASTEF de Paris monte au créneau pour réclamer toujours justice pour la mort de l’Etudiant Fallou SENE et partager quelques réflexions avec le public.

Parlant des décisions prises par le Président de la République, Daouda MBAYE s’exprime comme suit :

« Le chef de l’Etat vient de prendre une batterie de mesures qui vont certainement améliorer sensiblement le pouvoir d’achat des étudiants ainsi que leurs conditions de vie et d’études. Bravo!!!
Je voudrais toutefois partager quelques réflexions avec vous sur le souhaitable et pas encore probable « dénouement » de cette crise universitaire ».
Il ajoute que c’est dans l’union qu’une issue heureuse peut être trouvée :

 «  La stratégie de division du mouvement estudiantin ne profite à personne, ni aux étudiants encore moins au chef de l’Etat.Qu’est-ce qui peut bien justifier la volonté du PR de rencontrer les coordinations d’étudiants séparément alors qu’une grande rencontre était déjà callée pour le 28?
Avant cette date nous avons tous constaté que le mur (la fameuse solidarité estudiantine qui s’est matérialisée lors de la marche nationale et pacifique des étudiants) avait commencé à se lézarder. Le résultat est sans appel pour le PR: une partie du mouvement étudiant (et pas des moindres : il s’agit de la coordination de Saint-Louis, 2ème université du pays, d’où tout est parti) se radicalise et maintient le mot d’ordre ».

D’après l’ex-étudiant de l’UGB, les vraies doléances n’ont pas été satisfaites par le Président SALL :

 «  J’ai été frappé par la superbe esquive du chef de l’Etat sur les « vraies » revendications des étudiants après le décès malheureux de du camarade Fallou (paix à son âme !). Ne réclamaient-ils pas « justice pour Fallou » sur leurs tee-shirts, banderoles et autres posts sur les réseaux sociaux ? Un seul bout de phrase du PR (« la Justice suit son cours ») sur un discours de près d’une heure.

Quid des responsabilités de ceux qui retardent de manière récurrente le paiement des bourses?

Quid de l’enquête de l’IGE pour faire la lumière sur la chaîne de valeur de la diligence des bourses qu’il a commandité et dont le rapport est bouclé et remis à ses soins ?

Quid de l’enquête que le procureur de Saint-Louis a bouclée et transmise au procureur de la République ?

Le PR n’en a pipé mot, ne serait-ce que pour rassurer les étudiants que justice sera rendu cette fois-ci pour le camarade, alors que c’était la principale revendication »

C’est le système qui doit changer, de l’avis de Daouda  MBAYE, et ce n’est pas l’augmentation des bourses qui peut rendre les choses faciles :

«  Même si on augmentait la bourse à 100.000f, si le système n’est pas bien huilé pour que les étudiants la perçoivent à temps, ils vont encore décréter des JST ou barrer la route nationale et les forces de l’ordre vont encore sévir pour assurer la libre circulation des personnes et des biens, et qui sait ce qui peut encore arriver? ».

Les étudiants ont demandé la démission des ministres de l’Economie, des Finances et du Plan et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche mais cette revendication n’est pas satisfaite : «  Enfin le point qui fâche, et qui demeure une revendication des étudiants, c’est la démission des ministres de l’enseignement supérieur et celui des finances. J’ai dit quelque part que ce sont les 2 ministres les plus puissants du gouvernement de Dione (les démettre de leurs fonctions ne sera pas chose aisée pour le PR, surtout dans le contexte préélectoral ambiant); ils se livreraient même une guerre de positionnement pour un (improbable) poste de PM après la présidentielle de 2019. Je rappelle toutefois qu’en 2001, après la mort de l’étudiant Balla Gaye, la première mesure du président Wade était de limoger le ministre de l’enseignement supérieur.
La crise universitaire est endémique et répétitive. Et étant un acteur du système qui a eu à siéger à plusieurs conseils d’administration à l’UGB comme membre votant, je puis vous assurer que le problème de l’université sénégalaise ne se réglera pas avec de petites mesures de réduction de tickets restaurant ou d’augmentation de la bourse. C’est un problème de gestion et de sous. Et les 2 ministres en charge des universités publiques sous le régime du PR Macky sont les sus cités .Ils doivent prendre leurs responsabilités respectives ou le chef de l’Etat doit prendre la sienne »
précise Daouda.

Ainsi, c’est par ces mots que le coordonnateur des jeunes du Pastef de Paris termine son analyse : 
« Beaucoup de gens qui bavardent sur les réseaux sociaux et sur certaines chaines de télévision ne maîtrisent pas la profondeur de la crise universitaire. Ce drame devrait être un prétexte pour le chef de l’Etat de revoir sérieusement le système universitaire sénégalais, de régler définitivement les problèmes de budget qui assaillent nos universités, de revoir toute la gouvernance de l’enseignement supérieur. Mais hélas ! Taisez-vous… nous rétorque-t-on, on fait du rafistolage!!’ ».

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