Xibaarubambuk.com/ 19 septembre 2006- 19 septembre 2018, voilà douze ans que Koungheul est département : Reportage de xibaarubambuk sur les circonstances de la départementalisation. (Vidéo)

« Allez dire au roi que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes » disait Mirabeau. Il y a aujourd’hui douze années que les jeunes de Koungheul se sont unis autour d’un collectif pour réclamer la départementalisation avec comme modus la grève de la faim.
Dans l’histoire d’une communauté, il existe des dates qui marquent un tournant décisif dans son évolution. Le 19 septembre 2006 fait partie de ces dates glorieuses qui figurent au « panthéon » de l’histoire du département de Koungheul.

Héraclite disait : « le peuple doit combattre pour ses lois comme il combat pour un rempart ». Ce jour mémorable, les jeunes du Bambouck  se sont dressé comme un seul homme pour réclamer une seule et unique chose la départementalisation de Koungheul.

Aujourd’hui, c’est le 19 septembre 2018! Cette date est restée célèbre dans la mémoire collective des jeunes Koungheulois qui avaient décrété une grève de faim pour que Koungheul sorte des ténèbres et soit érigé en département. Il y a 12 ans, ces derniers s’étaient soulevé pour exiger au régime du président de la République Abdoulaye Wade le département de Koungheul ou rien.

Ce jour de 19 septembre, ils s’étaient mobilisés, à l’appel de l’amour de sa collectivité et du patriotisme pour réclamer ce qui a permis à Koungheul d’être ce qu’il est aujourd’hui c’est-à-dire un département avec une préfecture et des services techniques départementaux. Cependant, de l’avis de certains, après douze ans il reste un département sans mesures d’accompagnement.

La capitale du Bambouck s’était transformée en un véritable champ de grève de la faim où 17 dont le marabout El Hadji Malick CISSE,  le 1er adjoint au maire Souleymane MBOUP,  Zales NDIAYE, Abdoul Aziz CAMARA, le feu Alioune NDIMBELANE dit «  Valdo », votre serviteur Amadou Mactar SARR, Abdou Karim DIALLO etc.… sont restés soixante douze heures sans manger au foyer des femmes, c’est ce qui a permis à Koungheul d’être aujourd’hui  un département parmi tant d’autres.

Interrogé sur l’historique de la grève de la faim, Abdoul Aziz CAMARA, coordonnateur du collectif des jeunes à l’époque, explique d’abord les causes de cette grève : «  avant, on manifestait dans les rues, ou par des pétitions pour réclamer la départementalisation de Koungheul. Après, on s’est dit que la grève de la faim serait l’ultime recours pour se faire entendre. Des jeunes responsables se sont levés pour que Koungheul soit un département ». Soixante douze heures de grève de la faim, poursuit Monsieur CAMARA, une délégation du gouvernement est venue avec le gouverneur pour nous demander de cesser la grève. C’est ainsi que le PM d’à l’époque Monsieur Macky SALL, ajoute-t-il, les a reçus en audience sur instruction du Président Abdoulaye WADE. C’est dans ces conditions là que le département de Koungheul a pu voir le jour.

En ce moment là, Zales était le Président du Conseil Communal de la Jeunesse. Apportant son témoignage, il s’explique : « nous avions ce jour-là décidé de nous unir pour exiger que Koungheul soit érigé en département. Nous étions un petit nombre car au début beaucoup n’y croyaient pas ».

Monsieur Saliou NDIAYE d’en déduire que même si Koungheul est département, il lui manque beaucoup de choses notamment des mesures d’accompagnement et des infrastructures. Toutefois, selon lui, les gens ne doivent pas avoir la mémoire d’éléphant car « les jeunes du collectif qui ont porté ce combat ont joué un rôle très important pour la départementalisation de Koungheul ». Alors, il faut être reconnaissant vis-à-vis de ces jeunes qui se sont sacrifiés pour leur communauté.

Du point de vue du marabout Serigne El hadji Malick CISSE, la grève de faim est bannie par la religion musulmane mais il faut savoir se sacrifier pour le bien être de nos semblables. Il dit qu’il ne regrette pas d’avoir fait partie des jeunes qui sont allés à la grève de la faim en septembre 2006 et s’il fallait le refaire, il le ferait. Profitant de cette opportunité, le marabout lance un appel à l’Etat du Sénégal de moderniser les daaras au niveau du département de Koungheul qui ne bénéficie pas encore de ce programme de modernisation des daaras du Sénégal.

De l’avis de Lamine GUEYE, un des jeunes grévistes, ce jour de 19 septembre est historique à Koungheul. En effet, des jeunes se sont sacrifiés pour que Koungheul soit département, néanmoins Lamine précise que jusqu’à présent Koungheul n’a pas tout ce qu’un département doit avoir.

Abondant dans le même sens, Cheikhou DIAKHATE, après avoir expliqué que le jour du 19 septembre était depuis les années 2000 une journée de revendication pour réclamer de meilleures conditions de vie des populations, analyse la situation actuelle : « Koungheul est un département mais il y a beaucoup de manquements, des infrastructures, avec le problème des maisons conventionnées qui coutent chères » affirme-t-il.

Monsieur DIAKHATE estime que ce collectif n’a pas de suivi car par tout est politisé dans le département.

A l’unanimité, les jeunes interrogés ont rendu un vibrant hommage à feu  Alioune NDIMBELANE dit Valdo  qui a joué un rôle très intéressant pour la départementalisation de Koungheul. De Zales NDIAYE à Abdoul Aziz CAMARA, en passant par tous les autres, tout le monde salue l’engagement du défunt en ce fameux jour et prie pour le repos de son âme au paradis.

Parlant au nom de sa famille, Oumar NDIMBELANE remercie davantage Dieu car leur frère n’est pas oublié par la communauté : « il a participé à la grève de la faim du 19 septembre et il est décédé le 28 octobre de la même année ». Pour Omar, Valdo n’était pas son grand-frère mais son petit frère, il servait toujours Koungheul. C’est pourquoi, il était plus connu que lui, termine Oumar NDIMBELANE.

Enfin, il ne faut jamais oublier ceux qui se sont engagés pour le développement de la cité. Ainsi, tous les jeunes qui ont pris part à cette grève de la faim sont retenus par la mémoire collective, mention spéciale à Khady DABO qui faisait partie des filles membres du collectif des jeunes grévistes, aux commerçants comme Abdou THIALAW, le 2nd adjoint au maire Daouda DIALLO et surtout  feu père Mbaye GAYE que Koungheul n’oubliera jamais. Toutefois, il faut rendre à César ce qui appartient à César en confiant à nos collectivités ceux qui sont prêts à se sacrifier pour les autres.

 

Amadou Mactar SARR

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