Xibaarubambuk.com/ Dalal Gaan reçoit l’émigré au Barcelone Pape Mor SARR, le promoteur de l’école élémentaire de Thiong Wolof : « je remercie Dieu Le Tout Puissant. C’est un plaisir pour moi que l’institut Johan Perrin écrit un livre sur ma modeste personne. Cependant, l’essentiel est d’aller et de revenir pour investir car nous sommes dans un monde en pleine mutation où le racisme et la xénophobie dominent. Je n’attends personne pour faire ce que je dois faire car il est de notre devoir d’apporter notre pierre à l’édifice » dixit Pape SARR. (vidéo)

Présentation de l’invité

Pape Mor SARR dit Bayou Bayam est un natif de Thiong Wolof (Commune de saly escale), département de Koungheul. Issu du milieu de l’école coranique, l’émigré en Espagne est un pire produit des daaras. Avant de tenter l’émigration au Barcelone, Pape SARR faisait du commerce chez son oncle à Tambacounda avant de se rendre à Dakar pour fructifier ses activités commerciales. Après Dakar, cap sur Saint Louis où il ouvre sa propre boutique. Dans cette émission de Dalal Gaan , il le dit lui-même à Amadou Mactar SARR : « j’ai fait beaucoup d’activités commerciales, j’ai vendu des lunettes et des montres. Ce qui m’a permis d’aller à Saint Louis jusqu’à ouvrir ma propre boutique ».

Parti difficilement en Espagne et revenu dans son village, Pape Mor SARR a eu l’idée de construire l’élémentaire primaire de Thiong Wolof sans appui de l’Etat et des collectivités locales. Interviewé par plusieurs chaines de télévisions européennes, l’invité de Dalal Gaan est vraiment apprécié par ses pairs émigrés car son geste est symbolique. Cette renommée lui a valu être le titre écrit par l’Institit Johan Perrin.

Dans cette émission, Pape SARR revient sur la construction de l’école élémentaire de son village natal dont il est le promoteur, invite les jeunes du département à ne pas tenter l’émigration clandestine, parle de sa manière de voir la politique et émet ses convictions sur le développement de sa commune et du département de Koungheul.

Beaucoup de jeunes africains, pour réussir dans la vie, tentent le chemin de l’émigration clandestine avec ses contingents de morts par année sur la méditerranée. C’est pourquoi, dès le début de l’émission, Pape Mor SARR alerte : « je n’ai jamais pensé tenter l’émigration clandestine en Espagne. Si c’était à refaire, je ne referais pas. Il faut que les jeunes aillent en Europe par la voie légale. Il faut savoir aussi que l’Europe n’est pas un continent où on peut facilement gagner sa vie ».

L’éducation est essentielle pour le devenir des nations et des communautés. Le village de Thiong n’a jamais eu d’école depuis l’indépendance du Sénégal. Constant que le monde évolue et les enfants doivent apprendre, Pape SARR a décidé personnellement avec ses fonds propres de construire un établissement élémentaire dans son village qui a un bloc administratif, un logement pour enseignants, des salles de classes, des toilettes pour  élèves, toutes les conditions requises pour apprendre et enseigner.

 Parlant de cette école, l’invité de Dalal Gaan s’explique « j’étais venu au Sénégal quelques années après mon séjour en Espagne. Dès mon retour en 2012, mes patrons m’ont demandé ce que je faisais dans mon pays. Je pensais que j’allais perdre mon travail. Je les ai dit que je construisais une école dans notre village. Ils m’ont encouragé et demandé de revenir au Sénégal pour continuer les travaux. Alors, j’avais commencé à faire des économies et des épargnes pour construire l’école primaire de Thiong wolof ».

Le Président américain John Fitzgerald KENNEDY disait : « il ne faut pas demander ce que l’Etat doit faire pour vous mais demandez-vous  plutôt ce que vous devez faire pour l’Etat ». Pape Mor SARR a parfaitement compris cette citation patriotique car il n’a pas attendu le gouvernement du Sénégal et la commune de Saly escale pour construire une école publique au profit des enfants de son village natal : « En Espagne, j’ai commencé à faire des activités lucratives pour commencer la construction de cette école. Au Sénégal, je suis allé voir les autorités en charge de l’éducation et de la formation dans notre département pour leur faire part de ma volonté de construire un établissement primaire dans mon village natal. Alors, j’ai décaissé une somme de 7 Millions FCFA pour commencer les travaux. Retourné en Europe, j’ai été encouragé par mes patrons et collègues. De là, j’ai mis sur pied l’Association Education Pour Tous à Thiong wolof et j’avoue qu’aujourd’hui cette association existe dans beaucoup de villes européennes » dixit Pape SARR.

Bayou Bayam, comme l’appellent affectueusement ses amis, déclare qu’on ne doit pas badiner sur l’éducation des enfants. C’est pourquoi, il pense que son rôle c’est d’accompagner les élèves, les maitres et encourager le slogan Ubi Tay Jang Tay prôné par le ministère de l’éducation nationale : « je fais tout ce que j’ai à faire, c’est ce que je dois faire. A l’école de Thiong wolof, il y a des salles de classe et un boc administratif. J’ai aussi un appartement avec des chambres et une salle de bain. Ubi tay jang tay est une réalité à Thiong wolof. D’ailleurs, nous avons mis en place une équipe chargée de désherber l’école. J’avais aussi envoyé de l’argent pour désinfecter les lieux. Nous avons tout mis en ordre au point que le ubi tay jang tay était bel et bien possible le jour de la rentrée des classes » précise Kor Wifi.

Malgré les difficultés, il faut apprendre aux enfants les valeurs et les vertus de la Républiques et c’est par le biais de l’école qu’ils peuvent être formés pour devenir les dirigeants de demain. Dans cette lancée, Pape SARR affirme : « c’est un devoir pour nous de participer à l’éducation de nos enfants. Il ne faut pas être égoïste, au contraire il faut être solidaire. Nous  devons former des hommes intègres qui développeront demain la nation. Les difficultés ne manquent pas ; nous avons deux difficultés : le problème du personnel-enseignants et des table-bancs. Actuellement, nous avons trois instituteurs mais nous voulons également une cantine scolaire pour assurer l’alimentation des élèves ».

Pape SARR Bayam est une référence en matière de patriotisme, il sait qu’un émigré n’est pas quelqu’un qui vit en Europe sans penser à son pays. Ainsi, l’institut Johan Perrin a écrit un livre sur lui : « je remercie Dieu Le Tout Puissant. C’est un plaisir pour moi que l’institut Johan Perrin écrit un livre sur ma modeste personne. Cependant, l’essentiel est d’aller et de revenir pour investir car nous sommes dans un monde en pleine mutation où le racisme et la xénophobie dominent. Je n’attends personne pour  faire ce que je dois faire car il est de notre devoir d’apporter notre pierre à  l’édifice » ajoute Pape.

Selon lui, il doit y avoir de compréhension entre le gouvernement et les intersyndicales-enseignants pour une année scolaire apaisée : « l’Etat doit améliorer les conditions de vie des enseignants mais les enseignants aussi ne doivent pas demander à l’Etat ce qu’il ne peut pas faire ».

Parlant de politique, Pape SARR invite les jeunes à croire en eux et à être dignes pour réussir dans la vie : « il faut que les jeunes croient en eux. Il ne faut pas être dépendant, il faut travailler et gagner sa vie au lieu de se ranger derrière quelqu’un. Toutefois, je fais de la politique mais elle n’est pas comme celle que l’on fait ici. Je fais de la politique pour servir les populations et mes compatriotes. Je ne fais pas de la politique qui consiste à dire des contre-vérités ou à déshonorer son semblable » réaffirme-t-il.

A la question de savoir s’il a des ambitions politiques dans sa commune, le fils prodige de Thiong wolof répond : « je ne sais pas ce qui va se passer à l’avenir mais je n’ai aucune ambition politique. Je n’ai pas besoin de me cacher derrière quelque chose pour faire de la politique. En plus, je ne suis militant d’aucun parti politique ; je ne parle pas pour parler mais par conviction. En revanche, je ne veux que des prières, je ne demande pas de faveurs ».

Enfin, c’est par ces mots que l’invité de Dalal Gaan termine : « je veux que les autorités appuient les populations au point que leurs conditions de vie soient améliorées et il faut soutenir les enfants parce qu’ils sont l’avenir. Au Sénégal, ceux qui ne doivent pas parler parlent et ceux qui doivent parler préfèrent se taire ».

Amadou Mactar SARR & Mbaye DIENG

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