xibaarubambuk.com-Festivités du Safar : Koungheul vibre aux avant-premières du Magal de Touba.(Images)

L’édition 2018 du Grand Magal de Touba, prévue le dimanche 28 octobre prochain, coïncide comme d’habitude au 18e jour du deuxième mois du calendrier musulman, mais la nouveauté depuis quelques années à Koungheul, est que beaucoup de disciples mourides commencent leurs célébrations dès le premier jour de Safar.

En face du bureau des douanes  est un célèbre lieu principalement occupée par des commerçants mourides. Cet endroit plein de vacarme, sans compter l’activité quotidienne des mécaniciens qui a complètement noirci les ruelles, se retrouve mêlé aux décibels des chanteurs de ‘’khassaides’’

Éparpillés sous plusieurs tentes  choisis en la circonstance par leurs condisciples mourides regroupés en ‘’dahiras’’ (regroupement de fidèles) dans la zone, ils montrent, tout en sueur, leur savoir-faire en déclamant des poèmes sacrés du cheikh qui leur font entrer dans un autre monde.

Cette ardeur est encore plus corsée en cette période de Safar où les mourides de Koungheul, s’apprêtant à se rendre à Touba pour commémorer le départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba au Gabon en 1895, continuent de donner un avant-goût du 18 safar. Ce rendez-vous annuel est pour eux un moment fort dans leur quête perpétuelle de sainteté.

« Le Safar est une vieille pratique. A l’approche du Magal, on se prépare à travers ces manifestations qui sont, pour nous, un entraînement en prélude à la grande compétition », dit le quinquagénaire, sapé d’un boubou sobre et d’un bonnet ‘’Serigne Bara’’, du nom du 6e Khalife général des mourides qui s’est fait remarquer par cette coiffure sous son magistère (2007-2010).

Pour Mass Ndiaye, assis sous une tente en compagnie de son condisciple, le Safar « a pris de l’ampleur ces 3 dernières années » dans le Bambouck. Il explique que, pour l’occasion, les fidèles ne lésinent pas sur les moyens pour organiser des séances de récitals du Coran et des khassaides, sans compter la préparation de toutes sortes de nourritures, ces fameux ‘’Berndé’’ de tradition mouride destinés aux convives et riverains.

Membre du kourel des 2rakkas, Serigne Bass soutient qu’ils ont acheté pas mal de boissons  et du café, même si l’objectif principal est d’accomplir la recommandation de leur guide qui est de « rendre grâce à Dieu pour les immenses bienfaits qu’Il lui a octroyé dans cette journée (18 safar) ».

« Les mourides ont tous le même objectif, voilà pourquoi ils dépensent sans compter. Certains ont donné plus de 100.000, d’autres plus de ça, ainsi de suite. D’autant plus que Safar, c’est le mois des mourides », indique Serigne Khadim.

Ce dernier souligne que « chaque don fait est synonyme d’avancement pour son auteur, parce que Serigne Touba (surnom du cheikh) n’a que des pieds qui marchent vers l’avant ».

« Tout en témoignant notre gratitude au cheikh, on va boire du café et de la boisson », affirme Serigne Khadim.

Un peu en avant, à l’entrée d’un coin de rue prés de chez  Serigne Mame Samba SECK le représentant du khalife générale des Mourides, un autre Safar est organisé. Sous la bâche, un autre chanteur du nom de Bara NDIAYE, tel un muezzin à l’appel de la prière, ondule sa voix sur les textes sacrés du Cheikh. Près de lui, les Baye FALL se présentent comme étant les patriarches du dahira ‘’Santt Serigne Touba ».

« Si le mouride est rempli de zèle à l’approche du Magal, c’est parce que nous connaissons notre but. Tous les Mourides sont animés par le même objectif, parce que Serigne Touba a dit que tout ce qu’il a obtenu, il l’a eu par le biais de cette journée. C’est une journée de gratitude dédiée à son Seigneur », explique Baye Dame, soulignant que les dons recommandés vont « du poulet au chameau », et pour « celui qui n’a pas ces moyens, juste son intention suffit ».

« Nous exécutons une recommandation de Serigne Touba qui est notre espoir ici-bas et dans l’au-delà. C’est en ce jour qu’il a effectué son mémorable et grand travail, raison pour laquelle son Seigneur lui a rétribué par l’aura et la portée du 18 Safar », a réagi Bass SECK, assimilant cette action de rendre grâce comme « un devoir pour tout musulman ».

Amadou Mactar SARR

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