Xibaarubambuk.com – Chronique : Je ne dis pas que SONKO n’est pas crédible par Ahmadou Siga.(Première partie)

Nous l’avons perdu de vue, nous l’avons revu. Notre Amadou Faye qui a fini de faire ses preuves n’est plus à présenter. Ce brillant intellectuel né avec une plume entre les doigts ne vit et ne respire que pour éradiquer les maux avec ses mots aux armes redoutables. Ses lecteurs du Bambouck et de partout se souviennent certainement de la fameuse rubrique  »Chronique d’un Koungheulois » qui traitait de tous les thèmes sur le site d’information local de l’époque koungheulinfo.net. Aujourd’hui, Amadou Faye est loin de nos yeux mais il vogue incessamment dans nos cœurs.

 Affecté à Diouloulou où il sert actuellement en tant que enseignant craie en main, l’homme de Sigaverdict nous replonge encore dans l’univers didactique des mots succulents. Mêler l’utile à l’agréable, voilà un principe qui lui est cher. À travers cette chronique, Fay Siga, fidèle à ses convictions, nous fait savoir que SONKO et ses solutions, bien que pertinentes, se heurteront au syndrome Sénégalais. À en croire à Amadou, la société dans laquelle nous vivons actuellement est réfractaire à tout projet différent de celui qui militerait à la remodeler et à la rééduquer.

Lisez…

Il est rare de voir au Sénégal où en Afrique d’ailleurs, un Inspecteur des Impôts et Domaines qui, ayant exercé pendant une quinzaine d’années, se réclame de toute intégrité. Et met au défi tout un système politique, tout un pays pour un quelconque pot de vin qu’il aurait accepté. S’il est vrai. Car, constatons-le également: en sa qualité, il pourrait acquérir des biens de façon douteuse et s’en couvrir parfaitement. Car, souvenons-nous aussi de Ndamal Kadior Idy avait mis au défi de la possibilité de prouver qu’il a volé tout en avouant qu’il a pourtant volé. Mais là n’est pas le comble du problème.

 Lui, et ses principes s’ils sont authentiques, même arrivés au pouvoir ne s’y installeront que peu longtemps. Tant les rouages du pouvoir et la non préparation des comportements sénégalais au changement se heurteront à sa volonté. Ces deux éléments précités méritent toute une attention.

L’un pour la puissance de certains acteurs – parfois voués à d’autres desseins, au sein même de l’opinion nationale. L’autre parce que appeler au développement, c’est appeler à un changement de comportements a priori.

Surtout dans un pays où la corruption et le favoritisme se sont ancrés, naturalisés dans le quotidien des citoyens. Surtout que le niveau de sauvagerie a atteint finalement un seuil où le meurtre, la trahison, le plus odieux des crimes, ne se répugnent plus aux stratégies pour gagner sa vie.

 À ce propos, je ne saurais ne pas le faire remarquer : le mal du pays, c’est SENGHOR, DIOUF, WADE, SALL  et des vautours des temps indépendantistes et actuels. En même temps, c’est seulement de notre faute historique, nous Sénégalais.

Que sont-ils, des Ivoiriens, des Chinois ? Non. Ce sont des Sénégalais bons caractères, qui ce sont adaptés à nos exigences sociales pour nous aveugler, nous duper, se satisfaire et laisser notre pays croupir dans les ardeurs de la pauvreté et de la misère sociales.

À nous de nous revoir. N’est-ce-pas, Président SONKO  que le socle du progrès, c’est le patriotisme ? Que chacun fasse «un don de soi pour la patrie » si je ne me trompe. Mais les Sénégalais sont-ils prêts à se départir du favoritisme et de la corruption dans l’exercice de leurs activités ou de leurs fonctions ?

Sont-ils prêts à remodeler et à rééduquer leurs comportements citoyens ?

Mes parents du fin fond du Sidak (Département de Koungheul) refuseront-ils un « 10.000F » pour aller voter pour un tel ?

Je ne pense qu’on puisse y répondre très assurément. Alors qu’on fonde une Nation, une Patrie ou les refonde en créant un système éducatif qui permet le remodélement d’un citoyen nouveau adapté au projet collectif. Et en maîtrisant, en contrôlant scrupuleusement le contenu des médias et d’autres facteurs extérieurs avant qu’ils ne détruisent ce que l’éducation parvient à bâtir.

Je ne dis pas que SONKO n’est pas l’homme qu’il faut. Mais plutôt je me demande si les Sénégalais sont les hommes qu’il faut. Est-ce qu’un Sénégalais lambda qui arrive au poste de santé, trouve une queue d’une centaine de patients plaintifs et qui a juste dans son répertoire le numéro du Médecin-Chef; se refusera-t-il de l’appeler et d’être les cent unième patients ?…..

Est-ce que les autres millions de Sénégalais qui rêvent de changement offrent, rien que par leur vécu, des facteurs essentiels à ce changement ?

Est-ce que, aujourd’hui, le peuple Sénégalais n’est pas dans l’obligation d’appeler à une autre Constitution qui sera à la mesure d’éviter nos déceptions passées et de garantir les moyens techniques et opérationnels d’un État de droit adapté à notre devoir de réformes?

 (….)

Ahmadou Siga, faysigaa@gmail.com

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